Vous venez me voir sans idée précise, et vous vous excusez presque. Comme si c'était un manque. Un retard sur les autres, ceux qui savent déjà.

Les idées trouvées trop tôt sont presque toujours les mauvaises.

La plupart viennent d'ailleurs : une vidéo vue un soir, l'expérience d'un collègue, un modèle qui a marché pour quelqu'un d'autre. On les adopte parce qu'elles existent déjà, pas parce qu'elles vous ressemblent. Elles tiennent rarement plus de quelques semaines.

Le vrai travail, au début, n'est pas de trouver une idée. C'est de faire l'inventaire. Vos compétences accumulées en vingt ans de salariat représentent un potentiel largement inexploité — et la plupart du temps, vous ne les voyez même plus comme des compétences. Elles sont devenues trop naturelles pour ça.

Une question simple aide à commencer cet inventaire : à qui, autour de vous, on vient déjà spontanément demander de l'aide ? Pas ce que vous voudriez faire. Ce que les autres viennent chercher chez vous, sans même que vous l'ayez proposé.

Les vraies idées de projet émergent presque toujours de cette façon, organiquement, en quatre à huit semaines de ce travail. Ceux qui démarrent sans idée préconçue investissent leur énergie dans la compréhension d'eux-mêmes plutôt que dans la défense d'un concept déjà figé. C'est un net avantage, pas un retard.

Alors si vous n'avez pas d'idée aujourd'hui, vous êtes exactement au bon point de départ. Le travail à faire n'est pas d'en inventer une seul, dans votre coin. C'est de l'explorer, accompagné, dans une conversation qui pose les bonnes questions.